À propos de Philippe Daussin

Du rêve à la réalité

Philippe Daussin

Je suis originaire de la Saône et Loire, mais j’ai quitté très tôt cette région pour d’autres, un peu partout dans l’hexagone. Après plusieurs années passées dans un institut catholique pour enfants de familles en difficultés, je ne voulais plus entendre parler de Dieu et restait fermé comme une huître dès que l’on abordait le sujet, alors qu’au fond de moi, j’avais acquis la foi avec un grand F. L’internat m’avait aussi donné le goût de la lecture, notamment pour les romans d’aventure et d’amitiés entre adolescents. J’aurais aimé savoir écrire de belles histoires comme celles que je lisais, mais je ne m’en sentais pas capable, vu que je n’allais pas à l’école.

Ce n’est qu’à l’âge de quarante ans que j’ai franchi le pas, grâce à un ami et un concours littéraire. J’ai commencé à écrire des romans comme ceux qui me faisaient rêver pendant mon adolescence. Depuis, j’en ai écrit près d’une dizaine, ainsi que des comédies musicales. Je suis convaincu que Dieu donne des dons à chacun d’entre nous et qu’il nous appartient de les exploiter. C’est lui qui me chuchote les histoires sur mon clavier.

D’où te viens la passion de l’écriture ?

Cette passion me vient de l’enfance, de quand j’étais petit. J’aimais beaucoup Le club des cinq, ou Croc-Blanc. Devenir romancier était un rêve que j’avais enterré et qui est ressorti quand je suis devenu « vieux ». (sourire)

Il est souvent question de Dieu dans tes romans...

Il est vrai que l’on me fait assez régulièrement la remarque. Je réponds généralement, « Pourquoi je n'en parlerais pas ? » On s’étonne qu’un auteur parle de Dieu mais pas des démons, sorciers et loups-garous en tout genre qui inondent les rayons de littérature jeunesse où omniprésents dans les séries Netflix et autres diffuseurs.

Comment imagines-tu tes histoires et tes personnages ?

Alors là, on rentre dans le domaine du mystique... (encore sourire) Nan, en plus mais c’est vrai. Et pour rester dans le contexte de la question précédente, j'aime dire que c’est Dieu qui me donne l’inspiration. Par exemple, pour Kiffe la vie, l’histoire m’est venue un jour, au beau milieu d’un gala de musique. Je regardais les musiciens sur scène et, d’un coup, je ne sais pas pourquoi, j’ai eu ce livre qui m’est arrivé. Je ne sais pas trop comment l’expliquer... un peu à la volée. Cette histoire entrait en moi, avec ce jeune qui était sympa, rigolo, mais qui faisait des combines. Et puis, il fallait aussi qu’il soit touchant. Et c’est alors qu’on a appris deux suicides : le jeune qui m’avait servi de « support » pour Lucas, et un ami en Pologne.

Philippe Daussin à propos de l'auteur

Ça n'existe pas les adultes, c'est une attitude. On n'en finit pas de courir après les rêves qu'on a eu quand on était petits.

Jacques Brel - Radioscopie (France Inter), 1973